13.12.2011
Pure players : la diversité comme modèle économique
« La presse en ligne se cherche encore un modèle » (Alternatives Economiques), « Des modèles économiques qui marchent » (La Lettre Cadre), « Aucun [pure player] n’est encore rentable » (L’Expansion). Voilà ce qu’on peut lire sur la toile au sujet des pure players : difficile de se faire une idée globale de la situation. Pour cause, il n’existe pas un modèle mais plutôt des modèles économiques pour l’information en ligne.
Lancer un pure player ne nécessite pas de gros moyens financiers et logistiques. Le nouveau site Quoi, ouvert le 30 novembre dernier, a prévu 500 000€ pour démarrer les deux premières années. Mais la concurrence est rude et il faut trouver sa recette pour perdurer. Plusieurs stratégies sont possibles, tant au niveau de la rédaction que des revenus. Il faut choisir entre un système entièrement participatif avec un réseau de collaborateurs bénévoles (OWNI, AgoraVox), une rédaction classique de journalistes salariés (Mediapart, Bakchich) ou un peu des deux (Slate, Rue 89). Après la création vient le financement : pub ou pas pub, payant ou gratuit ? Ces enjeux font débat. Mediapart et Slate s’affrontent sur la question. Lorsque l’un défend son indépendance, l’autre prône l’idéologie de la gratuité. Certains pure players locaux comme dijOnscOpe, d’abord gratuit, sont devenus payants pour échapper à la pression des annonceurs.
Tous ces choix sont possibles et fonctionnent. Mediapart est rentable depuis septembre 2010 et Slate et Rue 89 ont pour objectif d’être bénéficiaires l’année prochaine. La clé de leur succès : un positionnement précis et la diversification des revenus. Trouver un concept original, avoir une ligne éditoriale claire et innover sont des éléments essentiels pour survivre face à la multiplication des pure players. Tandis que Newsring a choisi de donner une grande place au débat, Quoi propose une vulgarisation de l’information ; @rrêt sur images quand à lui s’est spécialisé dans la critique des médias. En termes de design, Le Lab se différencie par un visuel inhabituel.
Tous les pure players ne vivent pas que de l’information qu’ils produisent ou propulsent. Pour ceux qui ne fonctionnent pas avec un système d’abonnements ou d’archives payantes, la diversification des revenus est souvent nécessaire. Rue 89 tire ses recettes à plus de 60% de la publicité ; les 40% restants proviennent de la formation au journalisme web et de la création de sites internet. Slate, de son côté, propose de la vente de contenu à des sites commerciaux et du conseil en développement web. Une plateforme de dons a également été développée et lancée sur la toile par Rue89 pour faire appel à la générosité des lecteurs afin de venir en aide à la presse en ligne.
Quelque soit le modèle économique choisi, l’avenir est dans l’information mobile. Certains développent déjà leurs applications SmartPhone, IPhone et tablettes numériques. Rue 89 souhaite renforcer sa présence sur les mobiles et l’Ipad. Une stratégie qui devrait alimenter l’économie des pure players puisque les applications d’Apple sont payantes. D’autres stratégies d’avenir sont possibles : Mediapart a lancé au printemps dernier FrenchLeaks, inspiré de Wikileaks tandis que Slate fait le choix de s’installer en Afrique (Slate Afrique). Que ce soit sur de nouveaux supports, de nouvelles zones géographiques ou de nouveaux sujets d’études, les pure players misent sur l’extension pour se maintenir et se développer.
Célie G., Coralie H., Lucile J.
18:23 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note


Écrire un commentaire